Mon processus de création a commencé très tard dans la session parce que j’entame rarement une idée rapidement. Je la laisse venir à moi. Évidemment, j’ai fait des recherches pour aider ma réflexion sur la question de mon projet. J’ai donc regardé des articles et des sites web relatifs à ce que je voulais faire : performance, installation, lumière. Ensuite, mon champ d’intérêt s’est dirigé vers le textile et la performance. Alors, ma question était : comment combiner les deux à travers un sujet qui m’est personnel, mais universel en même temps? L’artiste Saburō Murakami m’a énormément inspirée par sa performance où il transperce des cadres de papier.
J’ai donc eu l’idée d’un cadre sur lequel un tissu poreux serait tendu. À travers celui-ci, j’allais pouvoir performer avec tout mon corps. Ma performance accompagnée de musique au départ est une dance, puis mes mains, qui glissant sur la toile, deviennent dessin. Ensuite, le cadre ramène la performance à la peinture et au paysage. Pour terminer, je me transforme en sculpture lorsque tout brise et lorsque je m’écrase au sol.
Mes gestuelles rappellent la forme, amènent la performance à l’objet ce qui révèle un rapport de l’œuvre d’art au corps. Le mélange de dureté et de douceur amène une ambiance forte en émotion que le public ressent. D’ailleurs, la thématique de l’étouffement se fait ressentir tout au long. En effet, c’est comme si le cadre m’empêche de vivre et de respirer. Au fur et à mesure que je travaille contre le cadre une tension se crée. Puis, tellement affectée, la colère prend le dessus de moi et du cadre ce qui le fait céder. Résignée au combat, je continue de me laisser abattre et englober par la structure.