Regarde-moi [2021]

Performance

Corps, miroir, ciseau et éléments du quotidien

Mon processus de création a commencé dès que mon premier projet s’est terminé. Je me suis rapidement attardée à ce projet : les idées débordaient de tous les côtés. J’ai fait des recherches sur une artiste de performances qui m’a m’inspirée davantage : Marina Abramovic. Cette artiste m’interpelle puisqu’elle utilise son corps comme outil, comme médium, comme matière. Elle repousse les limites physiques, mentales ainsi que les limites de l’art. Je veux, comme Marina Abramovic dans son œuvre Comming and Going (01973), amener le concept de l’intimité dans le public.       

J’ai donc eu l’idée d’utiliser des objets de mon quotidien, de mon intimité : une brosse à cheveux, du déodorant, des lingettes démaquillantes, des cure-oreilles, des ciseaux, un miroir. Ces objets introduisent le public dans mon univers, dans ma chambre où je me sens en sécurité. Les ciseaux vont me servir à me dévêtir. Le miroir va me servir à me regarder et à obliger le public à se regarder.  Mon but est de réfléchir sur la question du corps, sur le regard de l’autre, sur l’importance qu’on lui porte ainsi que sur le regard qu’on porte sur soi-même.

La thématique du regard évoque en quelque sorte le miroir de mon âme, de mon être et c’est principalement ce que je veux aborder. Le mélange de la violence des objets utilisés et de la fragilité de mon regard amène une ambiance forte en émotion que le public ressent. Mon implication et ma proximité avec le public créent une relation avec le regardeur. Tout au long de ma performance, je me confronte à mon corps et je confronte le public à leur jugement sur mon corps. L’acte de me rendre vulnérable apporte de l’authenticité. Je donne une confiance aveugle au public puisque je ne sais aucunement à quoi m’attendre.