L'objet qui limite [2022]

Sculpture

Objet trouvé, bois, métal et corps

200 cm x 200 cm x 214 cm

Cette sculpture est bien plus qu'une simple création artistique, c'est une performance captivante. J'ai moi-même pris part à cette performance, évoluant à côté de mon œuvre et face à un miroir. L'objectif de cette installation était de faire du public un acteur essentiel de l'œuvre. Cela pouvait être perçu comme provocant, car je contraignais les spectateurs à se regarder en train de me regarder, moi ainsi que la sculpture.

La sculpture illustre deux images distinctes de la femme : l'une en chair et en os, et l'autre réduite à un objet du quotidien. J'ai voulu représenter l'idée de l'objet qui limite ou réduit la femme à un rôle domestique, perpétuant ainsi certaines croyances ancrées dans notre société. Autrefois, la femme était souvent associée aux tâches ménagères et cette perception persiste encore aujourd'hui, bien que dans une moindre mesure.

L'objectivation de la femme était le thème central que je souhaitais aborder à travers cette œuvre. Pour le représenter, j'ai choisi de créer une femme sous forme d'objet en utilisant uniquement les parties du corps caractéristiques de la femme : poitrine, jambes, talons et hanches. J'ai imaginé une figure féminine composée de jambes en nylon et d'un abat-jour en guise de tête. En parallèle, une petite figurine d'homme serait présente pour établir une relation entre les deux.

Lors de ma première approche du projet, j'ai réalisé un premier test en utilisant du carton, une brassière et mes chaussures de randonnée pour créer une représentation partielle de la femme-objet. Cependant, j'ai rapidement décidé d'aller plus loin en créant une sculpture grandeur nature, entièrement composée d'objets du quotidien. Pour ce faire, j'ai collecté une quantité considérable d'objets provenant du sous-sol de l'église de Cowansville. J'ai jugé essentiel que ces objets soient des articles destinés à être jetés et issus du marché de seconde main, pour donner un sens particulier à mon œuvre.

Au cours de ma recherche, j'ai été particulièrement inspiré par l'artiste Niki de Saint Phalle, qui était à la fois féministe et performeuse. Elle avait pour devise de défier les normes de l'art et des œuvres, un principe qui résonne profondément avec ma propre pratique artistique. J'apprécie les défis, me surpasser et repousser mes propres limites ainsi que celles de mon art.

Cette sculpture-performance met en lumière la problématique de l'objectivation de la femme dans notre société, tout en engageant activement le public dans sa réflexion. C'est un projet artistique provocant et significatif, s'inscrivant dans une démarche de remise en question des représentations stéréotypées et des normes sociales établies.